Contrats de construction : les risques que les entrepreneurs sous-estiment

Sommaire
  • Un bon entrepreneur doit aussi savoir gérer son « papier »
  • Signer un contrat standard ne veut pas dire éliminer le risque
  • Quelques mots peuvent complètement changer le risque
  • Le manque de précision finit souvent par arriver sur le chantier
  • Peut-on prévenir les problèmes plutôt que les gérer après coup?
  • Les nouveaux modes collaboratifs changent la dynamique
  • L’intelligence artificielle entre dans les contrats
  • La technologie ne remplace pas la compréhension
  • Un chantier performant commence par de meilleures décisions
  • Pour aller plus loin : le Civalgo Podcast
  • 6 min
    30/9/2026

    En construction, le risque commence bien avant le chantier

    Un projet peut être parfaitement exécuté sur le terrain et quand même devenir un mauvais projet pour l’entrepreneur. Pourquoi? Parce qu’avant les équipements, les équipes et la production, il y a le contrat.

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    Prix. Délais. Portée des travaux. Conditions de paiement. Responsabilités. Pénalités. Extras.

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    Quelques lignes dans un contrat peuvent déterminer qui assumera un risque qui, quelques mois plus tard, pourrait représenter des dizaines ou même des centaines de milliers de dollars.

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    C’est l’un des constats qui ressort de notre récente discussion avec Jean-Philippe Gilbert, avocat en droit de la construction, au Civalgo Podcast.

    Son message aux entrepreneurs est simple : savoir construire ne suffit pas. Il faut aussi comprendre ce qu’on signe.

    En bref
  • Un bon chantier peut devenir un mauvais projet à cause de quelques lignes dans un contrat.
  • Les plus grands risques se cachent souvent dans les paiements, les portées de travaux, les extras et les responsabilités.
  • Les modes collaboratifs changent la façon de gérer ces risques, mais exigent leadership et imputabilité.
  • Et avec l’IA qui entre dans les contrats, comprendre ce qu’on signe devient plus important que jamais.
  • Sommaire
  • Un bon entrepreneur doit aussi savoir gérer son « papier »
  • Signer un contrat standard ne veut pas dire éliminer le risque
  • Quelques mots peuvent complètement changer le risque
  • Le manque de précision finit souvent par arriver sur le chantier
  • Peut-on prévenir les problèmes plutôt que les gérer après coup?
  • Les nouveaux modes collaboratifs changent la dynamique
  • L’intelligence artificielle entre dans les contrats
  • La technologie ne remplace pas la compréhension
  • Un chantier performant commence par de meilleures décisions
  • Pour aller plus loin : le Civalgo Podcast
  • Un bon entrepreneur doit aussi savoir gérer son « papier »

    Dans l’industrie, la performance est naturellement associée au terrain.

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    La productivité d’une équipe. L’utilisation des équipements. Les quantités réalisées. Le respect de l’échéancier. Les coûts.

    Mais une partie importante de la performance d’un projet se joue avant même la première pelle de terre.

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    Jean-Philippe résume cette réalité avec une formule particulièrement parlante : « Tout commence par le papier. »    Pasted text

    Un entrepreneur peut être excellent techniquement et posséder une équipe extrêmement performante. Si les obligations contractuelles, les délais, les responsabilités ou les conditions de paiement sont mal compris, cette performance opérationnelle ne suffit pas nécessairement à protéger la rentabilité du projet.

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    Et les contrats de construction ne deviennent pas plus simples à mesure que les projets grandissent.

    Signer un contrat standard ne veut pas dire éliminer le risque

    Les contrats standardisés apportent une structure importante à l'industrie. Mais « standard » ne veut pas dire « sans risque ».

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    Ils peuvent être accompagnés de conditions supplémentaires ou être modifiés pour répondre aux particularités d'un projet.

    Et c'est précisément là que la lecture devient importante.

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    Jean-Philippe raconte qu'il utilise régulièrement de vrais contrats dans ses formations. Il demande aux entrepreneurs de lui expliquer certaines dispositions qu'ils ont déjà acceptées.

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    Son constat est frappant : dans la grande majorité des cas qu'il décrit, les personnes ne sont pas capables d'expliquer précisément ce qu'elles ont accepté.

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    Le problème n'est donc pas simplement de lire son contrat.

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    Il faut comprendre où se trouve le risque et qui l'assume.

    Quelques mots peuvent complètement changer le risque

    Prenons les conditions de paiement.

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    Dans le podcast, Jean-Philippe donne l'exemple d'une relation entre entrepreneur général et sous-traitant.

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    Une clause peut essentiellement prévoir que le sous-traitant sera payé lorsque l'entrepreneur général recevra son paiement.

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    Mais une formulation légèrement différente peut rendre le paiement conditionnel au fait que l'entrepreneur général soit lui-même payé.

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    La nuance semble petite.

    Le risque, lui, peut être complètement différent.    

    Et ce principe dépasse largement les paiements.

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    Qui assume un imprévu?

    Qu'est-ce qui est réellement inclus dans la portée des travaux?

    Que se passe-t-il en cas de retard?

    Qui absorbe les coûts lorsqu'un élément n'avait été prévu par personne?

    Comment les responsabilités sont-elles réparties lorsqu'une erreur implique plusieurs intervenants?

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    Ce sont des questions contractuelles. Mais leurs conséquences deviennent rapidement opérationnelles et financières.

    Le manque de précision finit souvent par arriver sur le chantier

    Pour Jean-Philippe, deux éléments méritent particulièrement l'attention : les notions subjectives et les portées de travaux imprécises.

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    Un contrat qui laisse trop de place à l'interprétation peut sembler acceptable lorsque tout va bien.

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    Le problème apparaît lorsqu'un désaccord survient.

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    Qu'est-ce qu'un travail « adéquat »?

    Qu'est-ce qui était réellement inclus?

    Qui devait réaliser cette partie du projet?

    À partir de quel moment s'agit-il d'un extra?

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    Le contrat de construction revient finalement à trois éléments fondamentaux : le prix, le délai et ce qu'on construit. Ces éléments doivent être suffisamment clairs pour que les parties comprennent leurs responsabilités respectives.

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    Sinon, l'ambiguïté finit par être gérée là où elle coûte généralement le plus cher : pendant l'exécution.

    Est-ce qu'on gère trop souvent le risque après qu'il soit devenu un problème?

    C'est probablement l'une des questions les plus intéressantes soulevées pendant la conversation.

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    Lorsqu'un projet dérape, on peut négocier les extras, transmettre des avis, contester une responsabilité ou éventuellement entrer dans un litige.

    Mais pourrait-on investir davantage avant le chantier?

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    Des plans plus complets. Des portées mieux définies. Des responsabilités plus claires. Une meilleure compréhension des risques. Une préparation plus rigoureuse.

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    Comme le souligne Jean-Philippe, la question devient alors : est-ce qu'on veut gérer les demandes d'extras à la fin, ou prévenir davantage les ambiguïtés dès le départ?

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    En construction, cette logique est loin d'être nouvelle.

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    On planifie avant de mobiliser.

    On estime avant de soumissionner.

    On vérifie les quantités avant de commander.

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    Pourquoi la gestion contractuelle devrait-elle être différente?

    Les nouveaux modes collaboratifs tentent de changer cette dynamique

    L'industrie explore aussi différentes façons de réaliser les projets.

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    Dans les modèles traditionnels, lorsqu'un élément n'est clairement inclus dans la portée de personne, la discussion peut rapidement devenir :

    Qui devait le faire? Qui va payer? Qui est responsable?

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    Pendant ce temps, le projet doit continuer.

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    Les approches collaboratives cherchent notamment à créer une dynamique différente : réunir les parties autour du problème et trouver une solution permettant au projet d'avancer plutôt que de commencer immédiatement par déterminer à qui revient la faute.

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    Mais collaboration ne signifie pas absence de structure. Au contraire. Jean-Philippe insiste sur un élément déterminant : le leadership.

    « Une équipe qui n'a pas de capitaine, ça va nulle part. »

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    Un projet collaboratif exige des gens capables de prendre des décisions, d'assumer leurs responsabilités et de garder le projet aligné sur ses objectifs et son budget.

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    La collaboration ne fait donc pas disparaître la gestion du risque.

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    Elle change plutôt la façon dont les parties tentent de le gérer.

    Et maintenant, l'intelligence artificielle entre dans les contrats

    À cette complexité s'ajoute aujourd'hui un nouvel outil : l'intelligence artificielle.

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    Rédiger une clause. Résumer un contrat. Analyser un document. Préparer une correspondance.

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    Les possibilités sont évidentes.

    Mais le risque l'est également.

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    Jean-Philippe raconte avoir déjà rencontré des contrats et des communications dans lesquels des outils génératifs avaient produit des informations erronées, notamment des références à des clauses qui n'existaient pas.

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    Le véritable problème apparaît lorsqu'une personne utilise l'IA pour analyser quelque chose qu'elle n'a pas elle-même les connaissances nécessaires pour valider.

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    Une réponse peut sembler professionnelle. Une clause peut sonner juridique.

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    Cela ne signifie pas qu'elle est correcte.

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    C'est pourquoi Alexandre résume dans l'épisode une approche qui devrait probablement s'appliquer bien au-delà du juridique :

    L'intelligence recommande. L'humain décide.

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    Et pour décider, encore faut-il comprendre ce qu'on regarde.

    La technologie ne remplace pas la compréhension

    Il serait facile d'en conclure qu'il faut ralentir l'adoption technologique.

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    Ce n'est pourtant pas le message de la discussion.

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    Jean-Philippe observe au contraire que les entreprises ayant entrepris leur virage technologique peuvent se démarquer. Il voit également l'intégration de la technologie continuer à progresser sur les chantiers.

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    L'enjeu est plutôt de savoir où la technologie apporte de la valeur et où le jugement humain demeure indispensable.

    C'est vrai pour l'IA.

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    Mais c'est aussi vrai pour la gestion d'un projet dans son ensemble.

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    Plus les entreprises disposent d'informations fiables sur leurs contrats, leurs coûts, leur production et leur avancement, plus leurs équipes sont en mesure de prendre des décisions éclairées.

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    La technologie peut rendre l'information plus accessible. Elle ne remplace pas la responsabilité de comprendre et de décider.

    Un chantier performant commence par de meilleures décisions

    La gestion du risque contractuel peut sembler très éloignée du quotidien du chantier.

    Elle ne l'est pas.

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    Une condition de paiement influence les liquidités.

    Une portée imprécise peut devenir un extra.

    Un manque de préparation peut entraîner des délais.

    Une responsabilité mal comprise peut devenir une réclamation.

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    Et un contrat que personne ne comprend vraiment peut finir par affecter directement la rentabilité du projet.

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    Le conseil qui ressort de cette conversation n'est donc pas de devenir avocat avant de signer chaque contrat.

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    C'est plutôt de développer le réflexe de comprendre les engagements que l'entreprise prend, reconnaître ce qu'elle ne comprend pas et aller chercher l'expertise nécessaire lorsqu'un risque mérite d'être clarifié.

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    Parce qu'en construction, la performance ne commence pas uniquement lorsque les machines démarrent.

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    Elle commence avec les décisions prises avant.

    🎙️ Pour aller plus loin

    Dans cet épisode du Civalgo Podcast, Alexandre Champoux reçoit Jean-Philippe Gilbert pour une discussion approfondie sur les contrats de construction, les paiements, les modes collaboratifs, la gestion des risques et l'arrivée de l'intelligence artificielle dans le juridique.

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    → Écouter l'épisode complet du Civalgo Podcast

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    Chez Civalgo, nous croyons que de meilleures décisions commencent par une meilleure information. Notre plateforme aide les entrepreneurs en construction et en génie civil à connecter le terrain et le bureau pour mieux comprendre l'avancement, les ressources et les coûts de leurs projets.

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